Pourquoi végétaliser les villes ?

La réintroduction en ville des végétaux, et donc de la biodiversité, apporte de multiples avantages environnementaux, mais également sociaux et économiques. Une solution fondée sur la nature que les collectivités peuvent saisir sans attendre, au bénéfice de tous.
Végétalisation urbaine
Végétalisation urbaine (Source : Unsplash)

Confort thermique urbain et adaptation face au changement climatique

En été, la végétalisation permet de rafraîchir l’air des villes, victimes de l’effet « îlots de chaleur » causé notamment par les surfaces asphaltées, les bâtiments sombres et les objets métalliques tels que les véhicules. L’infographie ci-dessous, produite par Nature Québec, illustre la différence entre les zones urbanisées avec et sans végétation. En termes quantitatifs, l’ADEME1 affirme qu’il existe une différence moyenne de température de 3 à 5 degrés entre les zones urbaines végétalisées et non végétalisées. Cet écart est amplifié quand il s’agit des matériaux les plus conducteurs de chaleur, en l’occurrence l’asphalte et les voitures.

Cela s’explique en partie par le phénomène d’évapotranspiration dû aux plantes, qui agissent comme un climatiseur, en transformant l’eau liquide qu’elles puisent dans le sol en vapeur d’eau rejetée dans l’atmosphère.

En hiver, la végétation exerce son rôle d’isolant thermique, ainsi les zones végétalisées présentent-elles des températures moins froides que les zones essentiellement minérale.

 

Plan de végétalisation urbain

Amélioration de la qualité de l’air et atténuation du changement climatique

Du point de vue de la qualité environnementale locale, la végétalisation des villes a également un impact très positif : elle permet de filtrer les polluants urbains, donc de purifier l’air. Les plantes sont capables d’absorber du monoxyde de carbone, mais aussi des particules fines extrêmement toxiques pour nos poumons, et même des métaux lourds, en quantités variables selon l’espèce choisie et les conditions atmosphériques.

Les plantes sont donc un véritable atout pour la qualité de l’air dans les villes, et par conséquent, pour la santé humaine. De façon plus globale, les arbres sont des puits de carbone efficaces et contribuent à stocker le CO2 émis par les activités humaines grâce à la photosynthèse. Ils limitent ainsi le réchauffement climatique.

Gestion des eaux pluviales grâce à la couverture végétale

La présence végétale dans les villes est un atout majeur en termes de gestion des eaux pluviales. En effet, les plantes permettent de réduire le ruissellement : lors des périodes de fortes pluies, le risque d’inondation se trouve ainsi sensiblement réduit. A la place, l’eau de pluie est réinfiltrée dans le sol par les végétaux, qui contribuent ainsi à réguler le cycle de l’eau et permettent le retour de celle-ci dans les sols et les nappes phréatiques. De plus, les racines jouent un rôle filtrant, réduisant ainsi le niveau de pollution de l’eau infiltrée.

La végétation est donc une alliée non négligeable des réseaux de traitement des eaux ! Malgré tout, il est important que la végétalisation soit effectuée « en pleine terre » et associée à des mesures de désimperméabilisation des sols : placer les végétaux dans des bacs à fleurs, isolés du sol, ne saurait en effet montrer la même efficacité.

Un pôle de réintroduction de la biodiversité

Réintroduire les végétaux en ville permet d’y ramener de la biodiversité par différents leviers d’action. En premier lieu, la végétation constitue en elle-même de la biodiversité, surtout si une attention particulière a été portée au choix et à la diversité des espèces. Au-delà de cet aspect direct, les plantes offrent à la fois habitat et nourriture à la faune sauvage, qui ainsi peut trouver sa place dans les villes. Des écureuils aux insectes en passant par les oiseaux, de nombreuses espèces pourraient ainsi être réintroduites et contribuer à un meilleur équilibre écosystémique du milieu urbain. Par exemple, les chauves-souris sont d’excellents régulateurs des populations de moustiques, une pipistrelle pouvant consommer jusqu’à 1000 moustiques par nuit !

Pour une végétalisation efficace en termes de retour de la biodiversité, il faut néanmoins mener un plan d’actions cohérent, avec réduction de la pollution lumineuse et sonore, l’interdiction de l’utilisation de produits phytosanitaires ou encore en mettant en place la fauche tardive. Cela passe aussi par la sélection d’une palette végétale locale et diversifiée et par la gestion différenciée des espaces, adaptée très localement aux spécificités des espaces verts. Sans ces actions, un plan de végétalisation ne saurait montrer la même efficacité.

Un levier d’attractivité

De façon générale, grâce à tous les facteurs évoqués plus haut, la végétation en ville a un effet bénéfique sur la santé mentale et physique des résidents : elle aide à réduire le stress, l’anxiété et même l’asthme, en plus d’encourager la pratique d’activités sportives. Elle agit également comme isolant phonique et limite ainsi la pollution sonore. Les villes végétalisées sont des villes où il fait bon vivre, à tous les niveaux.

En augmentant l’attractivité des villes, la végétalisation présente donc des avantages économiques et participe à la revitalisation du territoire. En fonction du choix des végétaux, les gains économiques engendrés pourraient même dépasser les investissements réalisés en termes d’aménagement, d’achat des végétaux et d’entretien par du personnel compétent. Ceci sans compter la valeur non monétaire des services écosystémiques rendus par la nature en ville !

Comment s’y prendre ?

En tant que responsable d’un plan de végétalisation urbain à l’échelle d’une collectivité, il est important de structurer ses actions selon une approche systémique, qui prend en compte les besoins locaux à différents endroits du territoire, mais aussi les interdépendances entre ces zones et les connectivités écologiques qui existent. Ainsi, des mesures prioritaires et à réel impact pourront être identifiées. Par la suite, des retours bien documentés permettront de vérifier si les objectifs sont atteints, ce qui pourra donner lieu à une adaptation régulière du plan d’action, qui restera alors aussi pertinent et bénéfique que possible.

Vous souhaitez vous engager dans un plan de végétalisation global, planifié et aux avantages mesurés ? Blooming accompagne les collectivités comme les acteurs privés (zones d’activités, etc.) dans leur conception et mise en œuvre. Contactez nous !

1) ADEME. (2018). Aménager avec la nature en ville (No 010658). ADEME Editions.